Un réglage optimal d’une presse constitue la pierre angulaire de la qualité pour toute production. Contrairement aux idées reçues, il ne relève pas exclusivement de la responsabilité du monteur-régleur, ni de la seule vigilance de l’opérateur. Il s’agit d’un processus collaboratif et méthodique, dont la réussite dépend de la maîtrise de plusieurs éléments clés, dès leur définition initiale.

Les piliers d’un bon réglage

  1. Le choix de la matière première
    Sélectionner une matière adaptée aux exigences techniques et aux contraintes de production est une étape déterminante. Ses propriétés (résistance, fluidité, stabilité thermique, etc.) doivent correspondre aux spécifications du produit final.
  2. La conception et la mise au point du moule
    Un moule bien conçu et rigoureusement ajusté garantit la précision et la répétabilité des pièces produites. Cela inclut la validation de sa géométrie, de ses systèmes de refroidissement, d’éjection, et de ventilation, ainsi que la vérification de son usure et de son entretien.
  3. Les capacités de la machine
    La presse doit être choisie et configurée en fonction des besoins spécifiques de la production : force de fermeture, vitesse d’injection, précision du contrôle des paramètres (température, pression, temps), et compatibilité avec les autres équipements.
  4. L’association des matériels périphériques
    Les équipements annexes (sécheurs, doseurs, robots, convoyeurs, etc.) doivent être sélectionnés et intégrés de manière cohérente pour assurer un flux de production fluide et sans interruption.
  5. Les conditions de fabrication
    Les paramètres de fabrication (Fusion, température moule,pression sur la matière), les paramètres environnementaux (température ambiante, humidité, propreté de l’atelier) et les procédures opérationnelles (cadence, maintenance préventive, gestion des rebuts) jouent un rôle crucial dans la stabilité du processus.
  6. Les procédures de qualité
    Des protocoles clairs et appliqués rigoureusement (contrôles en cours de production, traçabilité, gestion des non-conformités) permettent de garantir la conformité des pièces et d’identifier rapidement les écarts.

Une responsabilité partagée
Un réglage réussi est le fruit d’une collaboration entre tous les acteurs : les concepteurs, les techniciens de maintenance, les opérateurs, et les responsables qualité. Chacun contribue, à son niveau, à la maîtrise des paramètres et à l’amélioration continue du processus.

Un réglage efficace d’une presse repose sur la réalisation rigoureuse d’un ensemble d’opérations interdépendantes, couvrant chaque maillon de la chaîne de production. Voici une synthèse détaillée des étapes et des critères à maîtriser pour garantir une mise en fabrication réussie :


1. Choix, préparation et approvisionnement de la matière

  • Famille et propriétés : Sélectionner la famille de matière en fonction des propriétés mécaniques, thermiques et chimiques requises.
  • Référence et moulabilité : Choisir une référence adaptée à la fluidité, au retrait et à la stabilité dimensionnelle du produit final.
  • Qualité de base : Valider la qualité intrinsèque de la matière (pureté, absence de contaminants, homogénéité).
  • Coloration : Définir le mode de coloration (masterbatch, coloration en masse, liquide, etc.) pour une teinte uniforme et stable.
  • Approvisionnement : Organiser le mode d’approvisionnement (livraison, stockage, traçabilité des lots) pour éviter les ruptures ou les mélanges indésirables.
  • Recyclage : Intégrer les modalités de recyclage (taux, tri, broyage, réincorporation) pour optimiser l’économie circulaire et la qualité des pièces.

2. Conception, fabrication et mise au point du moule

  • Capacités du moule : Déterminer la taille, le nombre d’empreintes et la complexité géométrique en fonction des besoins de production.
  • Plan de joint : Définir la localisation et la conception du plan de joint pour éviter les bavures et faciliter l’éjection.
  • Alimentation : Choisir le mode d’alimentation (canaux chauds/froids, position des points d’injection) pour un remplissage homogène.
  • Échanges thermiques : Optimiser les circuits de refroidissement/chauffage pour un contrôle précis de la température.
  • Éjection : Concevoir un système d’éjection robuste et précis (éjecteurs, plaques, etc.) pour éviter les déformations.
  • Qualité des aciers : Sélectionner des aciers résistants à l’usure, à la corrosion et adaptés aux contraintes mécaniques.
  • Fabrication et stockage : Garantir une qualité de fabrication conforme aux tolérances et des conditions de stockage préservant l’intégrité du moule.
  • Durée de vie : déterminer la durée de vie en fonction des matériaux, des conditions d’utilisation et de la maintenance.
  • Maintenance : Planifier une maintenance curative, préventive et poste pour assurer la pérennité du moule.

3. Définition des capacités machines

  • Emplacement du moule : Vérifier la compatibilité avec l’entre-colonnes, l’épaisseur, le parallélisme, l’ouverture maximale, la liaison de régulation, le centrage, la fixation et l’éjection.
  • Plastification : déterminer le volume injectable, le diamètre et la course de vis pour une fusion optimale de la matière.
  • Injection : Contrôler l’énergie, la pression maximale et la répétabilité pour une injection précise et reproductible.
  • Environnement : Assurer une atmosphère stable, sécurisée et dotée des équipements nécessaires (régulation, ventilation, etc.).

4. Associations des capacités des matériels périphériques

  • Capacités fonctionnelles :
    • Équipements de conditionnement (étuve, régulateurs, obturations).
    • Contrôle du débit matière, du positionnement et de la qualité de l’atmosphère (salle blanche si nécessaire).
  • Capacités de productivité :
    • Matière : Mélangeurs, colorateur, alimentateurs, broyeurs, et sécurité matière.
    • Moule : Gestion de l’électricité statique, du vide, et des systèmes d’assistance (préhenseurs, robots, tapis).
    • Machine : Assistance à l’éjection, finition, dépose et évacuation des pièces.
  • Capacités de surveillance : Mise en place de capteurs et de moyens de contrôle pour un suivi en temps réel des paramètres critiques.

5. Montage et réglage

  • Conditions de transformation :
    • Fusion, verrouillage, débit, volumes, et mise en forme (températures, pressions).
  • Mise au point :
    • Fermeture du plan de joint, débit d’alimentation, conditions de mise en forme, d’éjection et de durée de vie.
  • Montage du moule :
    • Vérifier la conformité, la stabilité et procéder au démarrage progressif.
  • Fiche de réglage :
    • Documenter les valeurs de transmission (fermeture, verrouillage, étuvage, température moule, fusion matière, volume dosé, débit, commutation, maintien, refroidissement, décollage, ouverture/éjection).
    • Assurer la traçabilité des modifications et des ajustements.

6. Surveillance et contrôle

  • Cycle de production :
    • Suivre les temps, pressions, températures et cadences pour détecter les écarts.
  • Contrôle qualité :
    • Vérifier l’aspect, la structure, la teinte, les cotes, les déformations et les propriétés mécaniques des pièces.
  • Consignes :
    • consigner rigoureusement les écarts de qualité, de sécurité et de maintenance.

7. Gestion globale de la production

  • Traçabilité :
    • Matière : Traçabilité des lots, du recyclage, des retours de fabrication et des transferts.
    • Moule : Qualité de fabrication, de montage, et historique de maintenance.
  • Gestion des capacités :
    • Machine : Force de fermeture, volume injectable, pression d’injection, répétabilité.
    • Matériels : Étuvage, régulation, débit matière, positionnement, configuration matière/moule, assistance et évacuation.
  • Conditions de fabrication :
    • Respect des fiches de réglage, des consignes de fabrication et des procédures qualité.
  • Qualité et productivité :
    • Piloter la qualité de la production, des processus et des postes de travail pour une productivité optimale.

La qualité et l’efficacité de la production reposent sur une répartition précise des rôles, où chaque acteur contribue à la réussite du processus. Voici une synthèse des missions clés :


1. Méthodes et Production

Définissent les choix stratégiques :

  • Sélection des matières, des procédés et des équipements en fonction des exigences techniques et économiques.
  • Validation des orientations pour garantir la faisabilité et la rentabilité de la production.

2. Metteur au point

Établit les conditions de fabrication de référence :

  • Détermine les paramètres optimaux (températures, pressions, temps, etc.) pour assurer la conformité des pièces.
  • Valide les réglages initiaux et les procédures de fabrication avant le lancement en série.

3. Préparateur et Maintenance

Configurent les éléments pour la fabrication :

  • Préparent les outils, les moules et les machines selon les spécifications définies.
  • Assurent la maintenance préventive et curative pour garantir la disponibilité et la performance des équipements.

4. Monteur-régleur

Assure le montage, le démarrage et les ajustements :

  • Monte et règle le moule sur la presse, puis lance la production.
  • Intervient en cours de fabrication pour corriger les écarts de capacité (matière, moule, machine, etc.) et maintenir la stabilité du processus.

5. Opérateur

Maintient la stabilité du processus :

  • Surveille en continu la stabilité des capacités mises en œuvre
    • la qualité et l’homogénéité matière dans la trémie.
    • la qualité des capacités du moule sur la presse
    • la répétition des capacités machines, verrouillage, fusion, injection, éjection.
    • la conformité des fonctionnements des matériels
    • la gestion des alarmes de réglages
    • la gestion des écarts de qualité en sortie de moulage
  • Anticipe et signale les risques d’écarts pour éviter les dérives et garantir la répétabilité.

6. Contrôleur

Constate et signale les écarts de qualité :

  • en liaison permanente avec les opérateurs, il effectue des contrôles visuels, dimensionnels et fonctionnels sur les pièces produites.
  • Alerte en cas de non-conformité pour permettre des actions correctives rapides.

7. Responsable de fabrication

Articule chaque étape de la production :

  • Coordonne les différents acteurs et s’assure de la fluidité des transitions entre les phases.
  • Garantit le respect des délais, des coûts et des objectifs qualitatifs.
  • Propose des axes d’amélioration continue.

8. Qualité

Valide ou invalide la production :

  • Vérifie la conformité des pièces aux exigences techniques et aux normes en vigueur.
  • Détermine les arrêts de production en fonction des écarts de qualité
  • Décide de l’acceptation, du rebut ou de la retouche des produits, et propose des axes d’amélioration continue.